Comment lire le tableau
Le tableau se présente sous forme de grille. Chaque ligne commence par une initiale consonantique telle que b, d, j, zh, ou z. Chaque colonne correspond à une finale : le son vocalique (et parfois une terminaison nasale) qui complète la syllabe. Une cellule remplie signifie que cette initiale et cette finale se combinent pour former une syllabe mandarine valide. Une cellule vide indique que la combinaison n'existe pas en mandarin standard ; ce n'est pas une faute de frappe, c'est la phonologie de la langue. La ligne du haut contient les finales autonomes : les syllabes qui n'ont aucune initiale consonantique, comme a, ai, an, ang.
Cliquez sur n'importe quelle cellule remplie pour entendre la syllabe prononcée dans les quatre tons. C'est le moyen le plus rapide d'assimiler comment une même forme syllabique change de sens lorsque son contour mélodique varie.
Qu'est-ce qu'une initiale ?
Une initiale est la consonne (ou le son de type consonantique) qui ouvre une syllabe. Le mandarin compte 21 initiales, regroupées selon leur lieu et leur mode d'articulation :
- Labiales : b, p, m, f
- Alvéolaires : d, t, n, l
- Vélaires : g, k, h
- Palatales : j, q, x
- Rétroflexes : zh, ch, sh, r
- Sifflantes : z, c, s
Les palatales et les rétroflexes sont les deux groupes que les apprenants confondent le plus souvent. Elles peuvent se ressembler à l'écrit mais sonnent très différemment dans la bouche. Pourquoi j/q/x et zh/ch/sh semblent similaires détaille ce contraste, et le défi des rétroflexes couvre en détail la série à langue recourbée.
Quelques syllabes ne commencent par aucune consonne. Dans ces cas, le pinyin utilise y ou w comme aide à l'écriture pour marquer la frontière syllabique, même si aucun son supplémentaire n'est ajouté. L'emploi de y et w comme initiales syllabiques explique cette règle.
Qu'est-ce qu'une finale ?
Une finale est tout ce qui vient après l'initiale : une voyelle simple, un groupe vocalique, ou une voyelle suivie d'une terminaison nasale. Le mandarin utilise environ 35 finales, réparties en trois groupes :
- Voyelles simples : a, o, e, i, u, ü
- Voyelles composées : ai, ei, ao, ou, ia, ie, ua, uo, üe
- Finales nasales : an, en, in, un, ang, eng, ing, ong, ainsi que des combinaisons telles que ian, uan, iang, uang
Les voyelles ressemblent aux lettres françaises mais en partagent rarement la prononciation. La même lettre peut changer de son selon les sons qui l'entourent, ce qui explique pourquoi les débutants se trompent souvent en lisant les cellules du tableau. La voyelle pure e et pourquoi i sonne différemment dans chi par rapport à li sont de bons points de départ pour ces décalages.
Une note particulière sur ü (yu) : il s'écrit comme un simple u après j, q, x, et y, parce qu'aucune ambiguïté n'est possible dans cette position. Le u délicat après j/q/x couvre ce raccourci, et les points invisibles explique pourquoi le tréma disparaît discrètement.
Pourquoi environ 400 syllabes ?
Si l'on multiplie 21 initiales par 35 finales, on obtient plus de 700 combinaisons possibles, mais seulement environ 400 existent réellement. Les autres sont des trous que la langue n'a jamais comblés, à la manière du français qui ne possède aucun mot natif commençant par ng-. Ajoutez les quatre tons et le cinquième ton neutre, et l'inventaire parlé s'élève à environ 1 300 syllabes toniquement distinctes. Comprendre la structure syllabique du pinyin approfondit la question des combinaisons qui existent et de celles qui n'existent pas.
Les tons transforment les syllabes en mots
Chaque cellule remplie peut être prononcée avec l'un des quatre tons, plus un cinquième ton neutre, plus léger. Le premier ton est haut et plat, le deuxième monte, le troisième descend puis remonte, et le quatrième chute brusquement. Une même syllabe, quatre sens : mā (mère), má (chanvre), mǎ (cheval), mà (gronder). Les quatre tons les présente, et le cinquième ton neutre traite de cette lecture plus légère et non accentuée.
Comment s'entraîner avec le tableau
Plusieurs approches fonctionnent bien :
- Lire une ligne en travers. Choisissez une initiale (par exemple j) et cliquez sur chaque finale avec laquelle elle s'associe. Cela entraîne votre oreille à reconnaître une même consonne façonnant différents sons vocaliques.
- Lire une colonne de haut en bas. Choisissez une finale et écoutez comment différentes initiales modifient la syllabe. C'est là que le contraste entre rétroflexes et palatales devient évident.
- Travaillez vos points faibles. La plupart des apprenants butent sur les mêmes cellules. Mettez-les en favoris et revenez-y jusqu'à ce qu'elles cessent de vous faire trébucher.
- Associez chaque syllabe à son ton. Lire sans ton, c'est faire la moitié du travail. Cliquez sur chaque cellule et répétez à voix haute, en suivant le contour mélodique au fur et à mesure.
Une fois que le tableau commence à vous être familier, le passage de la lecture du pinyin isolé à sa reconnaissance à l'intérieur de véritables mots chinois devient beaucoup plus court.