
La plupart des syllabes mandarines se terminent par une voyelle, mais deux d'entre elles se terminent par un bourdonnement nasal : -n et -ng. Ce sont des images miroir. L'une scelle l'air à l'avant de la bouche, l'autre à l'arrière, et la différence entre elles peut changer un mot du tout au tout.
Nasale antérieure, nasale postérieure
Les deux finales abaissent le voile du palais pour que l'air s'échappe par le nez. Ce qui diffère, c'est l'endroit où la bouche se scelle :
- -n (antérieure) : la pointe de votre langue monte vers la crête osseuse juste derrière vos dents du haut. L'avant de la bouche se ferme. (ān, paix ; mén, porte)
- -ng (postérieure) : la pointe de la langue reste en bas tandis que l'arrière de la langue se soulève vers le voile du palais, près de la gorge. L'arrière de la bouche se ferme. (máng, occupé ; dēng, lampe)
Ce sont deux gestes opposés. Pour -n, l'avant monte. Pour -ng, l'arrière monte tandis que la pointe redescend.
La nasale postérieure en particulier résonne dans certains des mots les plus familiers du mandarin, fermant le jīng de Běijīng et le zhōng de Zhōngguó (la Chine).
Une vérification rapide
Voici un test qui ne nécessite aucun miroir. Prononcez une syllabe qui se termine par une nasale et tenez le son final, puis pincez-vous le nez. Le son devrait s'arrêter presque complètement, car l'air sortait par votre nez. Si du son continue de s'échapper par la bouche, la fermeture n'est pas complète ; raffermissez le contact de la langue, à la crête pour -n ou au voile du palais pour -ng.
Les mêmes finales, de nombreuses voyelles
Ces deux finales se rattachent à plusieurs voyelles, et le contraste tient à chaque fois : -an / -ang, -en / -eng, -in / -ing, ainsi que des formes exclusivement postérieures comme -ong. La paire la plus travaillée de toutes est an face à ang, qui pousse aussi la voyelle elle-même à s'ouvrir davantage et à reculer. Nous entraînons ce contraste phare, exercice quotidien à l'appui, dans la différence entre an et ang.
Pourquoi l'effort en vaut la peine
Les nasales antérieure et postérieure portent un véritable sens. Bān (déménager) et bāng (aider), ou mín (le peuple) et míng (clair, lumineux), ne diffèrent que par cette fermeture finale. Entraînez les deux positions jusqu'à ce que les gestes « avant en haut » et « arrière en haut » deviennent automatiques, et toute une couche de mots qui se ressemblent se démêle d'elle-même.
